LÉA saisira la justice contre Louisa Yousfi

Dans un entretien accordé au podcast C’est Réel, dans l’émission Angle mort, la journaliste et essayiste décoloniale Louisa Yousfi développe sa vision de la domination, de l’intégration, de l’héritage colonial et de la place des musulmans en France.

Elle affirme notamment que les Blancs « ne sont pas rattachés à ce qu’on appelle l’humanité générique ».

Cette phrase s’inscrit dans un raisonnement plus large. Les individus y disparaissent progressivement derrière des catégories collectives : « les Blancs », supposés partager une même position historique de domination, et « les musulmans », présentés comme un groupe dont la force résiderait dans sa résistance à l’intégration et à l’assimilation.

C’est précisément cette logique que nous combattons.

L’essentialisation des individus au nom de leur appartenance

Critiquer l’histoire coloniale, contester l’assimilation ou dénoncer des discriminations relève pleinement du débat public. Transformer ensuite des millions de personnes en blocs définis par leur couleur, leur origine ou leur religion conduit à une autre mécanique : l’essentialisation.

Elle atteint d’abord ceux qu’elle désigne comme Blancs, réduits à une identité collective, enfermés dans une culpabilité historique et finalement distingués de « l’humanité générique ».

Elle atteint aussi les musulmans. Leur attribuer une conscience, des intérêts et un projet politique commun revient à leur retirer leur individualité.

Un musulman peut aimer la France, vouloir s’assimiler, rejeter le séparatisme, être croyant ou indifférent à la religion. Aucun intellectuel ne possède le droit de l’enrôler dans une communauté de destin qu’il n’a jamais choisie.

Un antiracisme qui doit appliquer les mêmes principes à tous

L’antiracisme devient incohérent lorsqu’il combat l’assignation identitaire chez les uns tout en la légitimant chez les autres.

LÉA engage donc une procédure afin que la justice examine ces propos et leur éventuelle qualification pénale.

Cette démarche concerne directement la crédibilité de la lutte antiraciste : les mêmes principes doivent s’appliquer lorsque la haine ou l’essentialisation visent un Noir, un Juif, un Arabe, un Blanc ou toute autre personne en raison de ce qu’elle est supposée être.

C’est aussi ainsi que l’antiracisme retrouve sa vocation première : protéger les individus contre ceux qui prétendent les résumer à leur groupe.

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